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LACOULISSE.COM
Écrit par Antonin   

1984 – Surveillance totale, surveillance théâtrale

Quatre hommes assis en tailleur, qui portent d’étranges masques à gaz lumineux accueillent le public. Très vite le ton est donné. L’oeil de Big Brother ne s’arrête jamais. Toute notion d’intimité a disparu. La mise en péril permanente du héros peut commencer, sous le regard impuissant du spectateur.

Cette adaptation théâtrale du chef d’œuvre de George Orwell relevait au départ du défi, voire de la mission suicide, tant l’histoire originale se déploie suivant une multitude de ramifications complexes et convoque un univers de science fiction très difficile à matérialiser sur les planches.

Pourtant, l’auteur de la pièce et le metteur en scène réussissent la prouesse de satisfaire à la fois les fidèles lecteurs et admirateurs du roman, qui reconnaîtront certainement l’impressionnant travail de sélection et de coupe effectué à partir du texte original pour en faire ressortir toute la quintessence, mais aussi d’emporter les néophytes, qui n’auraient pas encore lu 1984 et seront captivés par cette histoire haletante qu’ils suivront de bout en bout.

1984

Le dispositif scénique propose un jeu subtil d’emboîtements et de coulissement des éléments du décor. Des panneaux mobiles sont manipulés par les comédiens et forment tour à tour des supports pour les vidéos projections qui ponctuent la pièce, et matérialisent des lieux comme une cellule de prison, des murs, des couloirs, une chambre.

La distribution est sublimée par l’investissement de l’interprète principal, qui se met à nu, au propre comme au figuré et livre un jeu qui se rapproche parfois de la performance.

Une chose est certaine, cette adaptation de 1984 ne laissera pas indifférent et résonne tout particulièrement avec les récents scandales des mises sur écoute de la population, orchestrées au niveau mondial par les services secrets américains.

Surveillance totale, surveillance théâtrale, bienvenue sur les planches de la grande scène de Ménilmontant !

Antonin - 8 Novembre 2013

 
WEBTHEA - 16/01/2013
Écrit par La Prod   

Critiques / Théâtre

Par Gilles Costaz le 16/01/2013

1984 – Big Brother vous regarde d’après George Orwell

Un coup de poing


Logo : 1984 – Big Brother vous regarde d'après George Orwell

 

Peut-on adapter au théâtre le classique des classiques de l’anticipation politique, 1984, où George Orwell avait, en 1948, la prescience d’une société technologique et totalitaire observant et écrasant tous les citoyens ? Sébastien Jeannerot eut la réponse à la question en voyant à Londres un spectacle tiré du livre. Les solutions trouvées lui parurent les meilleures et il collabora avec les créateurs anglais pour faire cette version française qui fait un triomphe au théâtre de Ménilmontant depuis quatre ans (en n’étant jouée qu’une fois par semaine, il est vrai). La formule trouvée repose sur une grande intervention de la technique et de la vidéo dans le déroulement théâtral : sont en scène sept acteurs et deux techniciens, tandis que quatre vidéo-projecteurs diffusent un film d’assez longue durée et qu’un écran mobile découpe l’espace dans des configurations différentes.

L’adaptation se resserre essentiellement autour de deux personnages : Winston, qui lutte contre le parti téléguidé par Big Brother, et O’Brien, un mystérieux manipulateur. Ils sont joués comme au cinéma, dans un jeu sec et rapide, par Sébastien Jeannerot et Swan Demarsan. Tout vise ici à l’efficacité et à l’angoissant, en allant jusqu’à des scènes traduisant sans détour la torture. C’est plus coup de poing que méditatif. Et très bien mené.

1984 – Big Brother vous regarde d’après George Orwell, adaptation d’Alan Lydiard, mise en scène et réalisation filmique de Sébastien Jeannerot, scénographie de Neil Murray, musique de Lucien Zerras, avec Sébastien Jeannerot, Swan Demarsan, Florence Nilsson, Loïc Fieffé (ou Sébastien Antoine), Hervé Terrisse (ou Grégory Baud), Pierre Biesmans et Tony Vasquez. Théâtre de Ménilmontant, tél. : 01 46 36 98 60.

 
Reg'Arts
Écrit par Nicole Bourbon   

Le 25/11/2012 :

Le théâtre de Ménilmontant propose pour la 4ème saison l'adaptation théâtrale de « 1984 », le livre culte de George Orwell.

J'étais vraiment curieuse de voir ce que pouvait donner sur les planches cette histoire touffue, pleine de réflexions philosophiques d'une incroyable brutalité intellectuelle, pas faite à priori pour le théâtre.

Eh bien quelle claque ! La même qu'à la lecture du bouquin, rendue plus violente encore par la force des images.

Le livre était déjà dérangeant, d'une noirceur absolue, sans une once d'espoir.

L'adaptation et la mise en scène d'une extrême précision ont su rendre l'atmosphère oppressante de ce monde terrifiant où l'ordre de Big brother est omnipotent : une langue universelle, des caméras qui scrutent tout mouvement, un mode de pensée auquel se tenir absolument, un passé à réinventer pour ne pas nuire et pervertir l'esprit unique, une société lissée, terriblement déshumanisée où la mort est l'unique solution currative aux déviances de toutes sortes.

Le décor fait de structures mobiles grillagées surmontées d'écrans rend tout à fait présent cet univers glacé dans lequel se déplacent des hommes de l'ombre dont on ne voit pas le visage. Les jeux des acteurs qui se répondent tour à tour sur l'écran ou sur le plateau, démultipliant l'effet de lavage de cerveau, soulignent avec efficacité le message adressé par Orwell : toute société sous le joug de quelque dogme que ce soit est rompue au silence et à l'acceptation quand on la dresse ou conditionne.

Sébastien Jeannerot est un Winston exceptionnel, tout en nuances, exalté, idéaliste, terrifié, abattu tandis que Swan Demarsan compose un O'Brien cynique à souhait.

C'est captivant, déroutant, réaliste et troublant, avec des scènes fortes qui prennent aux tripes et glacent le sang.

On en sort secoué, stupéfait de trouver tant de ressemblances entre ce qu'avait imaginé Orwell en 1950 et ce que nous vivons aujourd'hui – la Novlangue qui fait penser au langage SMS ou à l'utilisation de l'anglo-américain, la manipulation des masses via les médias, le remaniement de l'Histoire, le fichage déguisé des individus via Internet –, et abasourdi de constater que toutes les mises en garde ne servent à rien .

« Mais il était aussi évident qu'un accroissement général de la richesse menaçait d'amener la destruction d'une société hiérarchisée (…) Si tous, en effet, jouissaient de la même façon de loisirs et de sécurité, la grande masse d'êtres humains qui est normalement abrutie par la pauvreté pourrait s'instruire et apprendre à réfléchir par elle-même, elle s'apercevrait alors tôt ou tard que la minorité privilégiée n'a aucune raison d'être et la balaierait. En résumé, une société hiérarchisée n'est possible que sur la base de la pauvreté et de l'ignorance. » écrivait Orwell.

N'ayons de cesse de répondre : Je pense donc je suis, si je ne peux plus penser qui suis-je ? Est-ce que j'existe encore ?

Voilà une réalisation qui nous adresse une mise en garde, une volonté de faire prendre conscience au monde que nulle liberté n'est acquise et qu'une société peut rapidement sombrer dès que les peuples n'y prêtent plus attention.

Un spectacle qui est plus qu'un spectacle, superbe de vérité et d'effroi, qui ne peut pas laisser le spectateur indemne, qui nous éclaire sur le présent, et dont on sent qu'il va nous laisser KO pour un sacré bout de temps.

 

Nicole Bourbon

 http://www.regarts.org/Theatre/1984.htm

 
LE SOUFFLEUR
Écrit par Amandine Pilaudeau - Le 08 octobre 2012   

Voici que pour la quatrième saison, le théâtre de Ménilmontant nous présente 1984-Big Brother vous regarde. Le célèbre roman de Georges Orwell ne perd rien de sa force et de son insidieuse horreur dans cette adaptation époustouflante.

 

Et pourtant l’ambition d’une telle proposition semblait difficilement réalisable, tant l’univers de l’œuvre de Georges Orwell nous parait inadaptable à la scène. Mais ce défi est relevé avec bravoure et ingéniosité par une troupe de comédiens d’une justesse désarmante dans le jeu et d’une richesse interprétative rare. Grâce au travail d’Alan Lyddiard, qui avait osé le premier adapter le roman sur la scène anglaise et qui a aidé à son adaptation française, grâce à la codirection scénique entre ce dernier et Sébastien Jeannerot, qui illumine la dramaturgie du roman- là où on aurait pu craindre justement, une synthèse mal-dégrossie de deux lectures différentes de Georges Orwell par les metteurs en scène-, le spectateur se retrouve lui-même personnage de la pièce, citoyen d’Océania. Pris au piège dès l’entrée dans le théâtre, le spectateur est accueilli par la police du Parti : des hommes portant des masques à gaz et scrutant de leur lampe frontale des ennemis potentiels du Parti dans la salle. Terrifiants, silencieux et omniprésents sur la scène, ils symbolisent la surveillance incessante du pouvoir politique.

 

La mise en scène nous plonge dans l’angoissant quotidien de Winston Smith 6079, ce citoyen du Parti extérieur qui travaille aux Archives du Ministère de la Vérité. Bien sûr, à travers lui nous revivons les parallèles que fait l’auteur avec la société collaboratrice de la Seconde Guerre Mondiale, les aberrations propagandistes des Etats totalitaires russes et allemands du XXe siècle, les tortures des camps de concentration où les hommes étaient traités comme du bétail vulgairement numéroté, bien sûr tout ceci fait écho à nos souvenirs des cours d’histoire au lycée. Mais la vraie force de cette mise en scène, c’est son écho avec notre monde d’aujourd’hui. Par un astucieux jeu de projections et d’écrans modulables, déplaçables, fragmentables, la vidéo est partout présente sur la scène. Le cinéma et le théâtre sont unis pour mieux rendre perceptible la présence du grand chef : Big Brother. La question que soulève la scène est : ce qui est représenté sur le plateau est-il si différent de notre société actuelle ? Les costumes, les bâtiments filmés et les accessoires sur la scène : tout est d’un gris morose qui suggère que ce que nous voyons ne pourrait bien être que la mise en abyme de notre propre société.

 

Si la première partie du spectacle est rendue « légère », si nous pouvons dire, par l’histoire d’amour qui unit Winston à Julia, jeune femme profondément ironique, et qui pouvait nous faire espérer une fin heureuse pour les deux protagonistes, ce n’est que pour faire sombrer plus lamentablement les personnages dans des abimes à peine imaginables. Les adjuvants, M. Charrigton l’antiquaire fou qui loue sa chambre sans télé-écran, bulle d’intimité pour le couple et O’Brien le membre actif de la société secrète « la Fraternité », qui n’a d’autres buts que de renverser le Parti et auprès duquel Winston et Julia s’engagent,  ne sont en réalité que des espions. Les seules lueurs d’espoir sont annihilées. Bien que nous ayons déjà lu le livre et que nous en connaissons la fin tragique, un tel degré de manipulation nous effraie toujours.

 

La déshumanisation de l’homme ne s’arrête pourtant pas là, le réalisme des scènes de tortures de Winston est tel qu’elles en deviennent irregardables. Le spectateur lui-même torturé par la représentation du corps anéanti, quasiment pourrissant de l‘homme devient celui qui supplie qu’on se plie aux règles du Parti. La longue litanie des souffrances physiques et morales déstabilise au plus profond le spectateur, qui passe du statut de complice des amoureux à complice des tortionnaires. Comme au début de la pièce, le spectateur est exhorté au silence par la posture frontale en avant-scène des quatre membres du Parti, qui ont tronqué leurs habits militaires pour l’apparat du parfait tortionnaire : le tablier du boucher ensanglanté. Le spectateur ne sera définitivement plus le même que celui qu’il était en entrant dans la salle. C’est bien là toute la réussite de ce 1984, qui ne serait pas tel s’il n’était servi magistralement par ces comédiens effrayants de sincérité et d’exactitude.

 

Un spectacle à ne pas manquer même s’il est douloureux.

 

http://www.lesouffleur.net/?p=3087

 
Un bluffant 1984 à Menilmontant
Écrit par Marine Stisi   

Publié le 14/12/11

Pour la troisième saison consécutive, le Théâtre de Menilmontant a le plaisir d'accueillir en sa ravissante et populaire salle une pièce adaptée du chef d'oeuvre de George Orwell, 1984.

Plus de 200 représentations, et pourtant, la pièce montée par Sébastien Jeannerot n'a pas l'air de s'essouffler, loin de là. Nous ne dirons jamais assez à quel point il est difficile d'adapter une œuvre qui n'était pas théâtrale à l'origine. C'est un risque supplémentaire, sans compter celui que de s'attaquer à un chef d'œuvre... Mais le verdict est sans appel : c'est un délice.

Ici, sans avoir encore pris le temps de vous installer dans votre fauteuil de cuir, vous serez plongés dans l'univers oppressant d'un totalitarisme sans nom. 4 hommes masqués, des images en noirs et blancs qui défilent, des hommes à la tête baissée, des bâtiments hauts, froids et sans personnalité. C'est bien l'image que l'on se faisait de 1984, une atmosphère très soviétique des années 60, grise et austère.

Quand les lumières s'éteignent, nous voyons apparaître cette phrase « Qui contrôle le présent, contrôle le passé, qui contrôle le passé, contrôle l'avenir», slogan du dit Parti bien aimé. Entre théâtre et film, la pièce de Jeannerot réussit à nous captiver constamment, grâce à des changements réguliers, mais pas pour autant dérangeant, entre vidéo et jeux d'acteurs. Les vidéos projecteurs présents sur la scène ne sont d'ailleurs pas sans rappeler l'omniprésence de la surveillance dans le roman d'Orwell, et l'absence complète de liberté (d'où le maintenant très fameux "Big Brother is watching you").

1984 retrace donc la vie de Winston, être humain soumis à un Parti qu'il ne comprend pas, soumis à un totalitarisme qui empêche les êtres humains de penser, de s'exprimer, de ressentir, et bien sûr, d'aimer. Winston tient un journal, où il raconte ses ressentis, ses désespoirs à l'égard de cette vie qui n'en est pas une. Quand il rencontre l'amour, il sait d'ores et déjà que ses jours sont comptés, et que sa liberté momentanée à un prix... Celui de la souffrance, de la torture et du sang.

Le Théâtre de Menilmontant offre là une belle leçon de théâtre, grâce à une troupe qui réussit ce pari risqué qui est de faire honneur à la magistrale œuvre de George Orwell. Violente et oppressante, la mise en scène est parfaitement juste. De là à nous y voir, nous autres et nos smartphones, il n'y a qu'un pas...

Infos Pratiques :
1984, au Théâtre de Menilmontant.
Le vendredi à 21h.

http://www.sortiraparis.com/scenes/theatre/articles/46924-un-bluffant-1984-a-menilmontant

 
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Résultats 1 - 9 sur 84
Citoyen X 2264 Thibault Trémaire, traître au Parti.
 

Qui est en ligne ?

N'oubliez pas !

Ce soir sur vos télécrans, la grande soirée de l’histoire :  des images des dernières batailles victorieuses de l’Oceania contre ses ennemis en Eurasia et Estasia, les grandes découvertes dans les territoires disputés. Vous verrez comment la mise en œuvre de la stratégie infaillible de Big Brother a mis les troupes ennemis et les traitres en déroute. 

LA GUERRE C'EST LA PAIX ! 

Infoconso

Bienêtre.

Vous avez des malpensés, des sentiments non-conformes ? Vous avez l’impression que votre travail ne vous convient plus ? Vous vous sentez fatigué, seul ou perdu ?

Alors n’attendez plus : Consultez un contrôleurpenser !

Il saura vous conseiller, et il vous aidera à retrouver la travailjoie.

LA LIBERTE

C'EST L'ESCLAVAGE 

Actualit

Demain, après la pause déjeuner, une conférence-débat se tiendra dans les usines des bâtiments A, B, C et D sur le thème : « Pourquoi les deux minutes de la haine », Le professeur Olson et plusieurs de ses collègues, membres éminents du parti intérieur viendront raconter l’histoire de cette vieille tradition populaire, pourquoi elle est encore aujourd’hui si prisée par les citoyens d’Océania, et son utilité sociale pour nourrir la paix sociale.

L'IGNORANCE C'EST LA FORCE 

Social

Distribution de combis.

Message pour les citoyens X45000 à X60000, apprenez que la bienproduction a permis la récupération de nombreuses combigrises telles que vestes réchauf, synthébonnets, et chaussusécurits unicolores : la distribution aura lieu ce soir avant l’heure du dîner, à coté de l’usine AZF, batiment A, centre ville : n’oubliez pas vos rationtickets.

ABSENTS = TOLERANCE 0

Le vol est puni de la peine de mort

 

 

Avertissement

Certains propos et articles contenus sur ce site ne sont en aucun cas la représentation des idées de leurs auteurs mais de simples pastiches tendant justement à démonter leurs fondements. Nos auteurs s'inspirent de notre société pour recréer l'univers de la pièce " 1984 " adaptée du roman de George Orwell .

Souriez... "Big Brother vous regarde..."

7eme SAISON

THEATRE MENILMONTANT

15 rue du retrait, 75020 PARIS 

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01 46 36 98 60

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Invitations pros :

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